« Nue propriété » de Joachim Lafosse : une réussite
Une œuvre parfaitement maîtrisée, avec de superbes trouvailles de mise en scène. Isabelle Huppert joue à merveille la tension intérieure d’une femme tiraillée entre deux fausses envies.
Une maison bourgeoise se dresse quelque part dans la campagne. Une maison de famille, solide, inébranlable, qui est là ; une sorte d’héritage heureux ou embarrassant qu’il faut aimer ou contourner ; quelque chose dont on aura de toute façon du mal à se débarrasser.
Pascale (Isabelle Huppert) vit dans cette demeure avec ses deux grands fils ( Jérémie et Yannick Régnier). Ces derniers, jeunes adultes, jouent les adolescents attardés auprès d’une mère-copine dans une existence ponctuée par les visites d’un papa-porte-monnaie.
Pascale est divorcée depuis longtemps et supporte mal les visites impromptues de son ex-mari. Dans cette grande bâtisse, tout le monde manque de courage, à commencer par Pascale qui voit son amant en cachette sous prétexte de préserver des gosses franchement adultes.
Mais, quelque part, cette situation semble l’arranger. Lorsqu’elle veut vendre la fameuse maison, ses fils et son ex-mari le lui interdisent. Au fond, elle-même n’est pas convaincue par l’idée de recommencer autre chose. Cela semble plutôt être une idée de son amant. Pascale se gâche à vivre en dessous de ses possibilités, dans le non-choix….
Nue propriété de Joachim Lafosse. Film belgo-français. Date de sortie : 21 février 2007. Avec Isabelle Huppert, Jérémie Régnier, Yannick Régnier, Kris Cuppens, Patrick Descamps
Pierrick Moritz
Trop de films chaque semaine, pas assez de salles pour les films dits « d’auteur» et non-choix pour les spectateurs.
Ce film est une réussite mais courez-y vite. Une fois encore se pose le problème de la trop faible distribution des films dits « d’auteur ». Nu propriété est sorti dans cinq salles à Paris mercredi dernier. On se demande ce qu’il en sera dès demain. Le délai d’une semaine est trop court pour laisser circuler le bouche-à-oreille. Trop de films sortent chaque semaine et, à force d’hésiter, on finit par ne rien aller voir du tout.