Riche actualité pour Nathalie Baye
Trois films avec Nathalie Baye en vedette sortent les trois prochains mois : « Michou d’Auber » de Thomas Gilou le 28 février 2007 (avec Gérard Depardieu et Mathieu Amalric ), « Mon fils à moi » de Martial Fougeron le 07 mars 2007 ( avec Victor Sévaux et Olivier Gourmet) et « Le Prix à payer” d’Alexandra Leclair (avec Christian Clavier) le 11 avril 2007. La campagne d’affichage pour ce dernier film a d’ailleurs commencé.
En 2006, Nathalie Baye avait séduit le public avec son interprétation au théâtre dans “Zouc par Zouc”. Il ne s’agissait pas d’une création reprenant les sketches de Zouc mais de ses impressions sur la vie, paroles recueillies jadis auprès de l’artiste suisse par Hervé Guibert et dites par Nathalie Baye. Le regard était implacable, humaniste et déroutant. L’actrice portait superbement le texte (une heure dix d’émotion pure) d’un pari risqué.
Toujours en 2006, mais au cinéma, elle était l’actrice principale de “La Californie”, un film de Jacques Fieshi d’après le roman de Georges Simenon “Chemin sans issue”. Il s’agit d’une adaptation réussie où le la psychologie des personnages est mise en avant. Nathalie Baye y joue le rôle de la riche Maguy qui entretient une bande d’oisifs sur les hauteurs de Cannes. Comme le temps ne semble pas passer assez vite pour Maguy, elle fait flamber son argent et sa vie. Elle creuse les déficits à tous les niveaux, sans doute pressée d’arriver là où il n’y aura plus de problème. L’interprétation de l’actrice y est magnifique. Le personnage de femme au bout du rouleau qu’elle interprète fait penser à la Mrs Stones du “Printemps romain de Mrs Stones” de Tennessee Williams. Autres personnages de ce film, Roschdy Zem est méconnaissable en immigré des pays de L’Est et Mylène Demongeot, avec une composition moins pathétique que la facilité ne l’aurait voulu, est surprenante.
Avec Isabelle Huppert, Nathalie Baye est une des rares actrices françaises qui ne déçoit pas quel que soit le film (ou la pièce) où elle joue. Une actrice « bankable » dans le bon sens du terme. Quand on la voit dans “Selon Matthieu” (de Xavier Beauvois en 2001), tenir son second rôle devant Benoît Magimel, sans chercher à vampiriser le film ( ce qui serait facile pour une actrice de sont statut), rester juste et magnifiquement à sa place, on se dit que cela doit être extrêmement agréable de travailler avec elle.
Pierrick Moritz